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 Leopold Buvry's Trip to Beni Farah in 1858

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مُساهمةموضوع: Leopold Buvry's Trip to Beni Farah in 1858   16/12/2010, 6:52 pm

Leopold Buvry's Trip to Beni Farah in 1858 Leopold Buvry, "Relation d'un voyage d'exploration scientifique au
Djebel Aures", en Algerie, Berlin, 1858

par le docteur Leopold Buvry de Berlin
(Traduit de l'Allemand.)

[...]

Le 1. fevrier 1856, apres un sejour de quatre semaines, je quittai le bourg de Biskra pour aller explorer les montagnes de l'Aures. Trois mules portaient mon bagage, dont toute la richesse consistait en une collection d'objets d'histoire naturelle, que j'avais faite dans mon expedition du sud. Je ne voulus pas d'escorte et me contentai d'une lettre de recommandation du lieutenant Rose de la legion etrangere,
(un compatriote attache au bureau arabe), adressee au cheikh Ali Bil Abell, qui m'envoya un guide pour m'accompagner chez les Beni Ferrah
.

Biskra est le chef lieu d'un groupe d'oasis, nomme Ziban et borde par la steppe, qui est entouree de montagnes incultes. A une proximite immediate sont situees au nord-est l'oasis Lalia, a l'est l'oasis Filiach et au sud-est l'oasis Kora
.

Nous nous acheminames vers le nord-est, sur la rive
droite le long de l'Oued Biskra, dont le large lit est couvert de cailloux et ne contient de l'eau qu'a deux endroits.
Cette riviere a ici un courant tres rapide et il mine tellement ses rives elevees, que la terre s'en detache et que son lit se trouve ainsi plus elargi. Ce lit contient, a plusieurs endroits, des places couvertes de joncs et de roseaux. Cette circonstance attire une foule d'oiseaux marecageux, des
becassines, des canards, des poules d'eaux, des herons et aussi des oiseaux chanteurs, qui sont de passage, comme les bergeronnettes grises, les moineaux espagnols, les bousseroles effarvattes et auxquels se joignent aux heures du soir, des essaims d'etourneaux communs
.

A une demi lieue de Biskra, la steppe perd deja beaucoup de son caractere, etant toujours alors entouree de montagnes, parmi lesquelles, la cime en forme de table du Djebel Bou Ghezal, jette ses pentes rapides couvertes de decombres, jusque pres de la route, et supporte dans un
endroit sur une saillie presque horinzontale , une vieille construction entouree de murs de forme carree le Bordj Turko
..

Toutes les montagnes de cette contree ont la couleur du desert, etant couvertes d'un sable jaune gris sur lequel sont dissemines beaucoup de cailloux et des echinoides en nombre incroyable, et appartiennent exclusivement au groupe calcaire. Elles sont presque depourvues de toute espece de
vegetation
.

Apres Bordj Turko, on s'approche un peu plus des regions des montagnes, qui s'elevent a peine a 200 pieds au dessus du sol, et la route qui longe le fleuve se dirige avec celui-ci vers le nord-est jusqu'a ce qu'on la traverse pres d'el Djezia, ou il elle revolt l'Oued Abdi.
Apres une courte marche, nous eumes passe l'arete nord du Col de Sfa et nous embrassames l'etendue de la plaine d'el Outhaya d'une longueur de deux lieues environ; qui, aisposee en cuvette, est tout encaissee de montagnes dependantes toutes de l'Aures. Parmi elles, celle du Djebel

Gharribou se distingue au nord-est, parcequ'elle se detache presque completement de la cliaine par sa hauteur et sa forme. On y remarque des couches considerables d'une formation tertiaire , de marne blanche et rouge et des masses de sel gemme tres etendues
.

La plaine est sillonnee surtout dans sa partie orientale, par une foule de petits ruisseaux qui, presque tous descendent du Djebel Branes et Rhennech, pour se jeter dans roued el Outhaya. Elle est couverte d'un tapis de plantes clair semees, parceque le sol sablonneux ne produit que des herbes maigres. La vegetation offre un aspect plus riant dans la partie nord de la plaine ou le sol a pris un caractere
marecageux, par l'arrimage des sources du Djebel Gharribou, qui portent avec elles des eaux salees. 11 y a ici le caravanserail d'el Outhaja, dont le riche jardin offre aux voyageurs bonne nouriture et bon repos
.

Les tribus des Sahari demeurent pendant l'hiver dans la plaine d' el Outhaja, nommement les fractions el Rougaiat, les Ouled Mansour; les Ouled Daoud, les Ouled Amer et les Ouled Mssari, qui levent leurs tentes a l'approche des chaleurs, traversent l'Aures et vont s'etablir aux environs nord du Sebgha Tarf et dans le territoire des Haractas
.

Non loin du caravanserail d'el Outhaya est situe le petit village du meme nom. Les maisons en sont construites en terre et entourees de jardins, qui sont arroses par l'oued el Outhaya. Le village compte environ 450 habitans et possede 50 hectares de terres labourables. On y trouve aussi des vestiges de constructions romaines. Les habitans d'el Outhaya tirent parti des couches de sel gemme du Djebel
Melch, ils le portent dans les oasis des Zibans, ou ils prennent des dattes en echange; puis ils trafiquent de ces dernieres dans le Tell, contre du ble et differentes etoiFes pour habillenients. Quant a l'origine de ces habitants, ils appartiennent aux tribus des Ouled Hassan, Ouled Mohammed,
Ouled Hameida et Saouadya
.

Apres avoir quitte le caravanserail, nous traversames la plaine, en nous dirigeant vers le nord jusqu'a Mgouesba ou se trouvent des restes de constructions romaines. Ici nous nous detournames de la route, nous dirigeames vers le nord-est, et nous aperumes au nord le defile d'el Kantara et le Djebel Melch. En continuant notre voyage dans la plaine, nous arrivames bientot aux premieres saillies de la montagne de l'Aures, qui s'abaisse derriere le Djebel Melch par pentes douces ou par suite de l'eboulement de masses
de roches, dont les debris couvrent sa base
.

Tandis que le penchant nord du Djebel Aures, se distingue par l'aspect riant des bois, qui le couvren, une marne cretacee gris-blanche donne au versant sud un aspect desole. Le Djebel Melch contient des masses considerables de sel gemme et des couches de platre, et au Djebel Chechar, une des pointes meridionales de l'Aures, les Arabes brisent des pierres a feu. Les pentes de l'est sont formees de la que ces montagnes contiennent des gisements fort riches. Dans les hauteurs, qui forment le magnifique plateau d'Ain-Krenchla, a l'extremite de la plaine des Ouled Zaid, on a decouvert du cuivre carbonate vert, qui renferme 25 p. Ct. de cuivre. A Bou-Merzoug, pres de Batna, on a trouve du plomb sulfure argentifere, des traces de plomb argentilere et du fer
meme maniere jusqu'a ce quelles se trouvent couvertes d'une couche de sable mouvant vers le district des Nememcha. La mineralogie de l'Aures n'a pas encore ete l'objet d'une etude
attentive. On a decouvert seulement .

Les chaines de montagnes entourant la ville de Batna, qui sont dependantes de l'Aures paraissent avoir ete le plus minutieusement explorees. Celui qui connait les conditions particulieres de la province de Constantine, n'en saurait etre etonne, car la subdivision de Batna se trouve placee sous le commandement superieur d'un officier, qui joint a ses hautes capacites militaires un grand amour pour toutes les branches de la science. Si le gouvernement fait operer des recherches regulieres dans ces montagnes , il est hors de doute, qu'on decouvrira de grandes richesses mineralogiques, dont l'importante exploitation sera d'autant plus avantageuse pour la France, qu'elle ne possede pas des mines suffisantes de minerais. L'uniformite des saillies exterieures existant sur le cote sud de l'Aures, est plus sensible encore par 1'absence de toute creature humaine. Le regno animal offre peu de variete dans ces regions. Notre petite caravane effrayait de temps a autre, des lievres et de petites bandes d'outardes canepetieres (Otis tetrax) , tandis que devant nos pas courait l'allouette isabelline (Alauda isabellina).

Apres avoir chevauche pendant une heure dans la plaine ou il nous fallait tourner des aiguilles de rocher, de forme grotesque, nous parvinmes dans une vallee sillonnee d'un etroit sentier en pente douce. Sur ce meme parcours, nous eumes plusieurs obstacles a surmonter, parce que le terrain
etroit et accidente, offrait a peine a nos montures assez d'espace pour mettre un pied devant l'autre. Nous dumes nous abandonner a l'agilite absolue de nos chevaux, qui gravissaient hardiment les pontes, et nous eumes lieu de nous en applaudir, car bientot nous atteignimes sans accident le large plateau du Djebel Asero (et non pas Essor, comme il est indique sur les cartes).

Malgre l'elevation assez importante du plateau, la vue se trouvait limitee parce que des groupes de montagnes bornent l'horizon et seulement a une grande distance au dessus de l'autre parol de la vallee, on distingue se detachant dans l'azur du ciel les aretes de forme bizarre du Djebel Melch. L'arete de la montagne ne differe en rien dans son caractere avec le terrain qui est a sa base; peut-etre meme
son aspect est il encore plus denude, car la superficie des rochers est trouee par des scories amoncelees.

II etait midi; quoique le thermometre ne marquat que 20 degres Reaumur, nous etions cependant accables de chaleur. Pourtant nous marchames encore quelque temps pour aller camper a une lieue de la, pres de la source d'Ain Gdili, qui sort du rocher et qui sert a abreuver les bestiaux.
Deux Arabes qu'on y avait probablement poses en vedette, se haterent de prendre la fuite a notre aspect, pour aller sans doute annoncer mon arrivee prochaine au cheikh Ali Bill Abel. En effet, nous avions a peine plante nos tentes, lorsqu'arriva a cheval le cheikh, accompagne de la population male des Beni Ferrah ou plutot Frah. Apres une courte halte, qui fut employee a echanger des compliments
et des salutations, nous remontames a cheval. Je dois avouer ici que la maniere dont m'honoraient les Arabes, race d'hommes beaux et superbes, m'embarrassa a un haut degre. Ces gens se pressaient autour de mon cheval, cherchaient a s'emparer de ma main ou a saisir mon pied pour le baiser, et
le cheikh qui nous precedait, avait peine a se frayer une route a travers cette foule compacte. La joie sincere qui se manifestait sur leurs traits en voyant qu'un etranger seul sans escorte (on me prenait pour tel) se fiait a leur hospitalite, cette joie eveilla en moi le sentiment de Tisolement auquel je me trouvais expose, et involontairement je songeai, combien il serait facile qu'un evenement imprevu
changeat la joie de ces rudes montagnards en un sentiment contraire.

La route longeait un mur de rocher, escarpe dans la direction du nord, et, apres avoir marche pendant une demi heure sur le bord d'une pente large d'lin pied a peine, nous vimes se developper a nos pieds la premiere vallee des Beni Ferrah, dans toute sa splendide beaute. A la vue de cette riante oasis, j'oubliai les difficultes du voyage, et je ne songeai plus qu'a admirer le magnifique panorama de cette vallee si fertile. A peu de distance, s'eleve, au milieu d'une vallee ravissante, le rocher Machmin, dont le petit bourg des Beni Ferrah couronne la hauteur.

Je descendis dans la maison du cheikh Ali Bill Abell; elle est situee, non dans le bourg meme, mais sur le mont Bel Kherraz. Cette habitation a ete construite par les Arabes, mais d' apres un modele francais. Une haute porta conduit dans le vestibule, d'ou quelques marches a gauche menent dans une vaste piece dont le plafond est supporte par des piliers en bois. Cette piece reunit les qualites d'une chambre de reception et de conseil a celles d'un grenier; car tout autour sont ranges dans des vases d'argile hauts de 5 pieds les bles du cheikh. De cette piece, on entre dans la cuisine, qui est situee un peu plus bas, et de celle-ci dans le harim , renfermant les deux femmes du cheikh. A cote de la maison, se trouve la basse cour entouree de hautes murailles. Un peu plus bas, sur une terrasse, est situee la maison du marabout, qui est charge de rendre la justice dans le bourg.

Le bourg est assis sur le rocher Machmin et sur la pente est. II compte environ 500 maisons et une population de 2000 ames. Les maisons sont regulierement construites, partie en terre , partie en pierres; elles ont toutes sans exception, des toits plats, formes de batons reconverts de terre, de pierre ou d'une couche de platre; elles ont peu de fenetres; ces dernieres memos sont si petites, qu'on pourrait les appeler des soupiraux. Le bourg a 3 portes, dont l'une est situee au pied du rocher et les deux autres sur les aretes qui regardent l'est et l'ouest. Les rues sont excessivement etroites et tres irregulierement pavees. Souvent leur largeur ne depassc pas 4 pieds, et elles ressemblent d'autant plus a des defiles etroits, qu'en beaucoup d'endroits les toits saillants des maisons se touchent et produisent une grande obscurite. Souvent la rue se transforme en passage peu semblable aux passages de Paris, et traverse les maisons.
L'industrie des habitants consiste presque exclusivement dans l'agriculture et l'apiculture. Dans tout le bourg, il n'y a qu'un armurier, un cordonnier et quelques trafiquants juifs.
Les femmes confectionnent des tissus de laine; elles passent pour avoir une conduite tres legere.

De la montagne Bel Kharras, sur laquelle est situee la maison du cheikh, la route serpente deliciousement en descendant dans la vallee , et conduit a une source nommee Ain Masair (Mazzer [Majid]), jusqu'a la porte inferieure de la ville.

Comme dans toutes les vallees longitudinales de cette montagne, la luxuriante vegetation des plantes et des arbres est due aux sources nombreuses, qui jaillissent des montagnes. Ces sources, par leurs formes variees, produisent le plus admirable effet: tantot on les voit, surtout apres les pluies torrentielles, eclairees par le soleil ou la lune, elles semblent des fils d'argent, qui tombent des parois du
rocher, tantot elles murmurent melancoliquement dans les profondeurs de la terre, pour reparaitre bientot et se precipiter de pontes en pontes jusqu'a ce qu'elles aient atteint un mur de roc d'ou elles bondissent en larges cascades.
Leurs eaux, disseminees par le choc et dorees par le soleil ardent, ressemblent a des torrents de lave. La force de la chute a creuse dans le bas un bassin profond; c'est la que se rassemblent les eaux, qui vont arroser une longue ligne de jardins et de plantations.

II y a plusieurs de ces bassins naturels dans les vallees des Beni Ferrah, et ils deviennent le soir des lieux de reunion et de caquetage pour les femmes du pays. Elles arrivent, chargees de leurs peaux de bouc, et en les remplissant, conversent de leurs affaires de coeur. A cette heure, le paysage s'anime, car les jeunes gens du bourg se placent sur les blocs de rochers, qui dominent les sources, et examinent les jolies porteuses d'eau avec des regards par fois tres indiscrets.

Toute cette scene offre un tableau tres gracieux; cette race montagnarde aux traits energiques et finement expressifs, a autant de grace que de dignite. Les bournous blancs, si propres, et les baiks contrastent admirablemeut avec le tapis de verdure, et la noble draperie du vetement rehausse
encore les formes athletiques des hommes. Le costume des femmes est aussi beau que simple; leur ample vetement bleu a manches courtes, est ouvert sur la poitrine et y est fixe par une agraffe. Un cordon ou une ceinture entoure leur taille; la robe, qui descend jusqu'au mollet, est entaillee d'un cote jusqu'aux handles. Elles portent aux oreilles une quantite de gros anneaux d'argent. Les nattes de leurs
cheveux noirs sont ornees de rubans rouges, et, a leurs bras comme a leurs chevilles, brillent des bracelets tantot en argent, tantot en dents de sangliers. Le matin, le paysage s'anime, mais d'une autre facon: les bestiaux, les mulets, les anes et les moutons revenant de l'abreuvoir, grimpent de tons cotes sur les murs de roche, et le patre ressemble a merveille a Tytire, saluant le lever du soleil.

Plusieurs des sources, grossies d'affluents sortis des montagnes, deviennent de petites rivieres. Elles ont toutes un cours tres rapide, et vont se jeter, apres mille detours, dans l'oued-el-Kantara. Les plus remarquables de ces sources sont: l'Ain Asero et Gdili, venant du Djebel Asero; Ain Ras-el-Oued du Djebel Illous; Ain Fourala du Djebel Chabor; Ain Liana du Djebel Ktaf. Ain Liana roule des eaux moins abondantes que l'Ain Ras-el-Oued, mais elle traverse des vallees delicieuses.

Le versant des montagnes calcaires dans les vallees profondes est tres escarpe; la muraille superieure est assise sur une base puissante, devant laquelle se trouvent des morceaux de roche arraches et dissemines de la facon la plus bizarre. Le fond de la vallee, qui consiste en une couche
epaisse d'humus, touche a cette muraille. Sur le dernier degre de la montagne, on voit, partout ou se trouve une saillie ou une fente de roche, le cactus (Cactus opuntia) etendre ses feuilles ovales.

Il est remarquable, qu'il y a quelques annees, cette plante ne se rencontrait pas sur la montagne de l'Aures; mais comme les Arabes en estimaient beaucoup ses fruits, quelques habitants de l'Aures en rapporterent du Tell quelques feuilles qu'ils cultiverent. Cette tentative reuissit a ce point, que le cactus opuntia est devenu aujourd'hui, dans les vallees des Beni Ferrah une plante assez commune.
Tandis que le cactus decore les bases de la montagne et que ses dimensions colossales donnent un aspect poetique au paysage, les magnifiques groupes d'aloes excitent, surtout aux endroits exposes au soleil, l'admiration des Europeens. Pendant leur floraison, ces plantes montrent des tiges colossales, s'elevant a 10 et 15 pieds de hauteur, et couronnees de fleurs jaunes.

Quelques frenes et ormes jettent avec peine leurs racines dans le sol pierreux, entre les fentes des rochers. Le fond de la vallee, grace a l'irrigation artificielle, est tres fertile.
Les jardins produisent des legumes abondants, varies, et de belle apparence. On y cultive principalement les oignons, les pommes de terre, les haricots, les lentilles, les petits pois, les navets et le ble de Turquie.

Le vaste sol de la vallee est completement ensemence de froment et d'orge. On y trouve aussi de nombreuses plantations d'arbres, p. ex. des oliviers, des amandiers, des figuiers, des abricotiers, des cognassiers, des grenadiers et des marronniers; mais avant tout ce sent les palmiers (Phoe-
nix dactilifera), qui ferment de petites forets et offrent un abri agreable contre les chaleurs de l'ete.

Mon excursion dans les montagnes de l'Aures avait surtout pour but l'etude du regno animal. Les habitants s'associerent en grand nombre a mes chasses et rendirent ma tache plus facile.

Les mammiferes sont rares dans ces contrees montagneuses et ils vivent tres retires sur les plus hautes cimes, dans les ravins et dans les fentes ou sur la pente nord de la montagne , qui est richement boisee. Tous n'habitent pas en permanence cette contree, certains d'entre eux vivent aussi
dans le desert. On y remarque 1'absence des grands carnivores et notamment de la panthere et du lion. D'apres les traditions des Beni Ferrah il parait que ces especes se rencontraient autrefois dans le pays et y ravageaient les troupeaux; mais un saint marabout, par ses prieres, en a pour toujours debarasse la contree. Les collines boisees servent d'habitation aux chacals et aux hyenes; le renard lui meme quitte ses terriers pour traverser ces memes lieux. En outre il n'est pas rare d'y rencontrer le berisson algerien et le pore-epic. Les lievres fourmillent sur les hauts plateaux.

Nous devons mentionner specialement les Goundis (Ctenodactylus Massonii) formant l'espece animale la plus interessante de cette region. On les voit en tres grand nombre, mais toujours isoles, sur les blocs de rocher, dormant pendant des heures entieres au soleil. Ils sont tres peureux; leur ouie et leur odorat sont aussi sensibles que leurs yeux. Appartenant a la famille des rongeurs, ils habitent les cavites naturelles des rochers. Au mois de fevrier, ils mettent bas ordinairement trois petits; leur chair est delicate, et les Beni Ferrah aiment a la manger. J'ai reussi a en prendre dix sept vivants, qui se trouvent places dans les principaux musees zoologiques d'Europe.

A proximite des sources, le voyageur peut voir, vers midi, un autre animal curieux, qu'on appelle communement rat a trompe, mais dont le nom scientifique est Macroscelides Rozeti. Cet animal appartient a la famille des insectivores, et tres peu de savants ont eu l'occasion jusqu'a present de l'observer. J'en ai pris plusieurs vivants, et je les ai nourris pendant quelques mois avec des dattes et de la viande hachee. Ils sont tres sensibles au froid, et tombent sous cette influence dans un engourdissement semblable a la mort; on ne peut les en tirer que par une chaleur tres vive. L'animal a la grandeur du rat ordinaire et se distingue par ses longues pattes de derriere et par son museau allonge en trompe.

Dans les vallees de cette montagne il y a beaucoup de lieux non habites, l'eau des ruisseaux s'y fraie une issue et s'arrete dans les plaines pour y former des marais qui deviennent le sejour favori des sangliers (Sus Scrofa Ferus) pour lesquels les bons mahometans, eprouvent une vive repulsion.

Les ruminants sont tres nombreux; on les voit rarement isoles, mais souvent on en rencontre des troupeaux. On voit surtout des gazelles (Antilope dorcas).

On trouve assez souvent le moufflon a manchettes (Ovis tragelaplius); Mr. le commandant Serocka s'interessant a mes recherches, eut 1' extreme bonte de me procurer un sujet superbe.

Dans la partie est de l'Aures, comme dans les steppes et dans le desert, on peut voir le matin le bubale, le Begueur el Ouache des Arabes (Antilope bubalis) par grandes troupes.

Ce qu'on m'avait dit de ses vallees, la richesse et la diversite de leur vegetation et de leurs paturages, me faisait esperer une riche collection ornithologique. Mon espoir fut trompe. Je dus me convaincre, apres les plus minutieuses explorations, que les oiseaux de la montagne de l'Aures etaient en tres petit nombre. II y a tres peu d'aigles: l'aigle rap ace, l'aigle a queue barree, l'aigle fauve et l'aigle criard
(Aquila rapax, Bonellii, fulva et naevia) habitent les rochers ou se trouvent aussi des troupes nombreuses de pigeons de roche (Columba livia). Le milan noir et le corbeau commun (Corvus corax) sont les oiseaux, qui abondent dans cette contree. En fait de hiboux, la chouette cheveche (Athene
noctua) se trouve aussi en tres grand nombre, des etourneaux unicolores (Sturnus unicolor) font leurs nids dans les troncs des frenes. Sur les terrasses, de meme, dans les decombres des rochers, sejournent la perdrix gambra (Perdix petrosa) et la rouge queue (Ruticilla Moussieri). Ici j'ai observe aussi un traquet (Saxicola lugens et le traquet rieur (Saxicola leucura).

A l'aube du jour , on apercoit sur les terrasses des maisons un des plus interessants oiseaux de ces contrees, le bruant striole (Emberiza Saliarae Lev. ou striolata), qui niche dans les maisons. On trouve tres souvent le long des cours d'eau la bergeronnette grise (Motacilla alba), qui est repandue dans toute l'Algerie.

Le chant d'un nombre infini de petits oiseaux retentit sur les cimes epaisse des arbres. On entend surtout le pinson (Fringilla spodiogenis Bonap.), la mesange charbonniere et la mesange azur (Parus major et ultramarinus), le moineau d'Espagne (Fringilla hispanica) etc. Une multitude d'oiseaux de passage, que je ne nommerai pas ici, mais dont je ferai mention dans mon ouvrage sur les oiseaux de l'Algerie, viennent a diverses epoques se meler aux botes habituels de la contree. Les amphibies de la montagne, sont presque les memes que ceux de la steppe, je n'y ai vu que l'eremie tachete et l'Ouromastix.

Apres avoir termine mon exploration dans la montagne de l'Aures, je resolus de retourner a Batna. Mais je ne voulus pas reprendre le chemin par lequel j'etais venu et je preferai chevaucher a travers la montagne.

Dans ce but, nous entrames par la porte inferieure du bourg en traversant les rues tortueuses et nous arrivames jusqu'a la porte de l'est devant laquelle coule un ruisseau rapide. Comme il n'y a pas de pont, nous fumes forces de le passer a gue.

Un quart d'heure plus-tard, nous avions atteint le plateau du Djebel Machmin. Apres avoir chevauche pendant longtemps entre des jardins, nous entrames dans une mer de pierres qui ne laissait voir aucune trace de vegetation. Bientot nous arrivames sur les rivagcs profondement tailles du Ras-el-Oued, qui sont richement couverts de tamaris (Tamarix gallica), de myrthes (Myrthis communis), de lauriers roses (Nerium oleander), de genevriers (Juniperus occicederus), plioenicea, macrocarpa; et de ronces sauvages (Rubus fruticosus). Nous vimes , dans ces arbres des masses de pies de Mauritanie (Pica mauritanica). La riviere allant vers l'ouest, avait tres peu d'eau. Notre escalade au Djebel Ktaf etait tres fatigante. Les pentes et les cimes de la montagne sont couvertes d'une riche vegetation. Ici comme
dans toute la chaine orientale, les arbres aciculaires ferment le fond principal du paysage, car le cedre (Pinus cedrus) et deux de ses espece, le cedre argente (Cedrus argentea) et le cedre du Liban (Cedrus viridis), avec leurs troncs majestueux, dominent superbement tous les autres arbres.

On remarque aussi en grand nombre, les pins d'Alep (Pinus halepensis). Quelques Thuyas (Callitris articulata), se rencontrent ici et la entre les arbres aciculaires, aussi le tamaris (Tamarix gallica) n'est pas rare. Au milieu du sombre feuillage des sapins apparait le feuillage vert clair du bois feuillu; les premiers restant toujours verts, et les seconds perdant leurs feuilles pendant l'hiver. Dans la premiere categoric nous classerons les chenes; le chene a glands doux (Quercus ballota), le chene vert (Quercus ilex), le chene Kermes ou chene cochenillier (Quercus coccifera), et le cheno de liege (Quercus suber).

L'olivier sauvage (Olea europea, var. oleaster), croit aussi dans cette region. A la seconde categorie appartiennent: le murier noir (Morus nigra), l'orme (Ulmus suberosa), le frene, (Fraxinus angustifolia), le noyer (Juglans regia), qui a ete probablement plante ici par les Romains; le pistachier atlantique (Pistacia atlantica) et les differentes especes genevriers.

Dans l'interieur de ces forets et sur les versants, qui ne sont pas boises, des multitudes de buissons couvrent la terre. Ce qui appelle, avant tout, l'attention du voyageur, ce sont les genets communs (Spartium scoparium, les genets d'Espagne (Spartium junceum) de meme que la Phyllirea a feuilles caduques (Phyllirea latifolia). On remarque aussi des fleurs globuleuses (Globularia Alypum), les citrosines (Sistus salvifolius), Rhamnus de differentes especes; des aubepines (Crataegus oxyacantha); et des eglantiers, qui forment des taillis impenetrables. Ceux-ci comme une foule de plantes aromatiques appartenant surtout a la famille des Labicees remplissent l'air de parfums quelquefois tres penetrants.

Sur les plus hautes cimes du Djebel Asero, ainsi que sur la Montague rouge situee pres de Lambese, je remarquais de singulieres plantes grasses (Crassulacee) et surtout la Crassula rubens et Umbilicus luteus. De temps en temps ou voit des artichauts sauvages sur les plateaux ainsi que dans les plaines qui s'etendent entre les montagnes de l'Aures. On distingue deux especes, savoir: Cynara spinosissima et acaulis; les Arabes leur donnent le nom de kharchef. Une foule de plantes fructescentes se rattachent a ces derniers, p. ex: Helianthemum fumana et autres.
Differentes especes de Centaurees et d'Anthemis, Asphodelus luteus, Potentilla, Poterium sanguis orba; le fenouil (Foeniculum dulce); le gland de terre , dont on mange les racines, (Bunium Bulbocastanum), une espece d'Oritropis, un Phlomis, une espece de Coronille; Salvia verbenaca; nombreuses especes d'Ononis, entre autres: Ononis Columnae et natrix. L'Anagillis monelli; Anchusa italica, se distinguant de celle de l'Europe du nord par sa tige plus elevee et la couleur plus vive de sa fleur. Plusieurs Labiees, surtout les especes Teucrium: enfin le Litbospermum prostratum, qui a de tres belles fleurs et plusieurs Scrofularines tres remarquables. Je faut aj outer encore a cette nomenclature une foule immense d'herbes.

Parmi les plantes a tiges herbacees, je citerai deux especes d'Euphorbia a l'ecorce tres tendre et au sue laiteux et veneneux. Les meilleures plantes fourrageres, Medicago lupulina, arabica, helix, minima, orbicularis, scutellata et autres; Astralagus hamosus, caprinus etc.; Lotus major et differentes especes de trefles, notamment le Trifolium elegans, stellatum, procumbens etc. La Vicia sativa, qui chez nous est cultuvee avec tant de soins, croit ici a l'etat sauvage. Le Myosotis, doux souvenir de la patrie. Parmi les renoncules je dois citer les especes Delphinium ou pieds d'alouettes; Ranunculus parviflorus et Adonis aestivalis, qu'on nomme tete de sang, a cause de leurs fleurs ecarlantes. J'ai vu aussi le Fumaria parviflora et l'Argemone. La Conringia perfoleata qu'on trouve dans l'Allemagne du Sud; et le Polygala monspeliaca, deux especes de Fedies. Un Polygonum. Le Rum ex acetosella, seul representant des nombreuses especes d'oseilles. Le Reseda cristallina, commun dans le nord-ouest de l'Afrique et enfin un nombre infini de chardons d'une grande hauteur, appartenant a la famille des composites, parmi lesquelles j'ai trouve le Carduusgiganteus; Centaurea Lippii; Buphthalmum spinosum; Galactites tomentosa; Silybum Marianum; puis le Gnaphalium germanicum et gallicum. Le Tragepogon porrifolius et Chichorium endivia'; Catamanche cerulea, Xeranthemum inapertum, (mangeables).
On remarque partout de mauvaises herbes, et notamment le Lanium purpureum et l'Asperugo procumbens; l'Echium plantagineum a belles fleurs d'un bleu violet, puis la Primulacee, Androsace maxima.

On devait s'attendre a trouver dans ces contrees du nord de l'Afrique, ce qui constitue la plus belle parure de la flore mediterraneenne , c. a d. les Liliacees ou plantes bulbeuses. La saison trop avancee, ne me permit d'en rencontrer qu'un petit nombre, mais je suis certain que mes pieds ont foule un sol, qui cachait dans ses entrailles des bulbes de differentes especes, que je regrette bien de ne les avoir pas vues mais je me reserve de les etudier plus tard. Quant a celles que j'ai reconnues, ce sont Hyacinth inus comosus, rOrnithogallum umbellatum. La Scilla maritima ou Scille maritime estimee a cause de ses proprietes medicales, l'Hyacinthe musquee (Muscari) et differentes especes d'Allium et d'Asphodelus.

Nous suivimes notre guide sur la crete de la montagne par une voie a peine praticable , qui serpente entre les arbres jusqu'au bord du plateau.

De la nous apercumes, dans le lointain, les cimes du Djebel Chaffat. A l'est le Djebel el Arbaa bornait l'horizon.

L'ascension du Djebel Ktaf avait presente deja beaucoup de difficultes et la route abrupte, qui longe la pente escarpee du nord de la montagne, etait dangereuse a ce point, que je trouvai plus prudent de mettre pied a terre. Heureusement il ne nous arriva aucun accident et nous atteignimes la vallee des Beni Maafa.

Les vallees des Beni Maafa, situees sur la pentre nord du Djebel Aures, comptent plusieurs villages (Dechera), qui sont tres populeux et ressemblent beaucoup a ceux des Beni Ferrah. Elles appartiennent a la subdivision de Batna.

Un passage etroit et escarpe mene du territoire des Beni Maafa a la vallee dans laquelle nous venions d'entrer. Tout a coup, j'eprouvais une vive et agreable surprise en apercevant une troupe de cavaliers richement vetus , qui debouchaient de cette gorge.

C'etait le Kaid Si Hamada, mon genereux bote de Chemorra, Arabe tres distingue, qui en compagnie de son frere, le Kaid Bou-Diaf, revenait de visiter les villages des Beni Maafa.

La joie que me causa cette rencontre inesperee fut d'autant plus grande, qu'elle me rappelait les moments les plus agreables de mon sejour en Afrique.

Apres avoir echange les saluts d'usage, nous nous joignimes au cortege, et nous arrivames bientot a une distance peu eloignee du Msa-bel-Msai, dans la pleine du Ksour.

Je passai la nuit au caravanserail du Ksour et le lendemain je me reudis a Lambese, pour explorer les belles et vastes forets dependantes de cette vieille cite.







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Leopold Buvry's Trip to Beni Farah in 1858
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